30/12/2005

La Cappadoce chrétienne



Le culte du feu, qui se perpétue en Cappadoce longtemps après l’âge romain, a été introduit par les Perses. À l’époque de Strabon, les Pyrées (ou temples du feu) élevés dans la plupart des provinces attirent encore une foule d’adorateurs, mais la vénération de tout le peuple est acquise à des divinités indigènes… La grande déesse Ma est adorée à Comana et Zeus Uranos à Vannesa aujourd’hui Avanos. Mais le paganisme ne va pas résister longtemps au christianisme naissant. La Cappadoce, géographiquement dans le prolongement de la Syrie du nord, constitue naturellement sa zone normale d’expansion. Aussi, très tôt, dès l’époque apostolique, d’Antioche les missions s’y infiltrent-elles. Le christianisme s’y développe très tôt, et l’on peut dire qu’à la fin du IIIe siècle, la Cappadoce est peut-être l’une des premières provinces de l’empire à avoir sa population en majorité chrétienne. Déjà dès cette époque, de grands saints comme Grégoire le Thaumaturge y exercent leur apostolat mais c’est surtout au IVe siècle qu’avec les « pères cappadociens », le christianisme y acquiert une autorité et un développement tout à fait exceptionnels. Des trois grands théologiens que l’on appelle ainsi, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Grégoire de Nysse, le premier est le plus exceptionnel. Né en 330, il étudie comme beaucoup les lettres de son époque dans les grandes universités de l’Orient à Constantinople et à Athènes. Converti au christianisme en 357, il se sent immédiatement attiré par la vie monastique. Celle-ci, qui est apparue en Égypte un siècle plutôt, n’est pas encore codifiée. Pour mieux la connaître il visite, en plus des ascètes de Cappadoce, les grands solitaires d’Égypte, de Syrie et de Mésopotamie. Dès son retour, il donne ses biens aux pauvres et se retire dans la solitude où il est bientôt rejoint par de nombreux disciples. Alors, s’inspirant des règles de saint Pacôme l’Égyptien, il les groupe en petits couvents et organise sagement leur vie en leur donnant une forte direction ascétique et morale. Pour eux il rédige les Grandes règles et les Petites règles qui depuis cette époque constituent le fondement de toute vie religieuse orthodoxe. C’est sous son influence que le monachisme se répand largement en Cappadoce pour de longs siècles. Le second titre de gloire de saint Basile est d’avoir été, devenu évêque de Césarée, l’un des principaux champions de l’orthodoxie contre l’arianisme. Cette hérésie, qui nie la divinité du Christ, a le soutien de l’empereur. Aussi, pour lutter contre l’influence de Basile, Valens décide en 371 de diviser la Cappadoce, détachant d’elle un vaste territoire dont il fait la Cappadoce Seconde et dont il confie l’autorité religieuse à un évêque arien. Cette division n’empêche pas Basile d’avoir encore autorité sur plus de 50 évêques du pays, nombre important qui atteste la puissance qu’a acquise cette province à l’époque. Cette prolifération chrétienne est encore attestée aujourd’hui par le grand nombre d’églises bâties aux IVe et Ve siècles dans la région du Hasan Dag, dans le style des églises de Syrie du nord.

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À l’origine de l’Arménie chrétienne



Le rayonnement du christianisme cappadocien et sa situation aux frontières de l’empire en font naturellement un point de départ pour le développement de la nouvelle religion vers des terres nouvelles. C’est ainsi qu’à la fin du IIIe siècle, en conflit avec son souverain, un jeune arménien d’origine parthe, Grégoire, rencontra à Césarée le christianisme et s’y convertit. Revenu en Arménie, il parvient après bien des difficultés à convertir à la religion nouvelle le roi Tiridate III et sa cour. Consacré évêque par le métropolite de Cappadoce, il jette les fondements de l’église arménienne. Il devient Grégoire l’Illuminateur, pour avoir illuminé des vérités chrétiennes le peuple arménien. Son nom est même donné à cette église qui depuis lors se nomme « Grégorienne ». Pendant plus de 100 ans c’est toujours à Césarée de Cappadoce que viennent se faire consacrer le catholicos et les évêques arméniens jusqu’au moment où, à la fin du IVe siècle, en révolte contre Rome, l’Arménie se replie sur elle-même et se dote d’une église indépendante refusant alors de conserver ses liens d’origine pour s’inventer une fondation apostolique.

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21/12/2005

Les siècles noirs



Tout auréolée de ce prestige, la Cappadoce reste néanmoins une terre extrêmement pauvre. Saint Grégoire de Nazianze nous décrit les Cappadociens comme abrutis de misère et adonnés pour survivre au trafic honteux de dépouilles des morts. En effet, dès que le paganisme s’est éteint en Asie, les paysans ne craignant plus ni les menaces des dieux, ni les amendes auxquelles sont condamnés ceux qui violent les sépultures, créent une industrie particulièrement lucrative, celle du pillage des innombrables grottes sépulcrales qui contiennent souvent, outre les cendres des défunts, des offrandes, bijoux et armes précieuses. Saint Grégoire veut mettre fin à ces dévastations en déclarant : « Le tombeau de Mausole est énorme, mais respecté des Cariens, là nulle trace de mains violatrices. Et moi, fort élevé au-dessus des Cappadociens, vous voyez ce que j’éprouve si l’on écrivait sur moi : il est l’assassin des morts ».La crise du Bas-Empire avec son cortège d’envahisseurs n’a pas en Orient les mêmes conséquences dramatiques qu’en Occident et le pouvoir romain se maintient en Asie mineure avec une certaine puissance. Au VIIe siècle, les envahisseurs perses menacent de renverser cette situation, mais l’action vigoureuse de l’empereur Héraclius les chasse de l’empire et les détruit. À peine ceux-ci sont-ils vaincus qu’apparaît, venu d’Arabie, un nouveau péril, celui de l’islam. Les Arabes après avoir mis la main sur la Syrie et la Mésopotamie tournent leurs regards vers l’Anatolie. En 647 Moawiya, gouverneur de Syrie pénètre en Cappadoce et s’empare de Césarée. Cependant, les Byzantins ayant opposé une résistance trop forte, les troupes musulmanes ne parviennent pas à dépasser d’une manière permanente les monts du Taurus, et l’Asie Mineure, avec la Cappadoce en son centre, reste terre byzantine continuant à subir cependant pendant plusieurs siècles leurs razzias.Les raids arabes qui se renouvellent chaque année de la mi-mai à la mi-juin persistent jusqu’au IXe siècle. Ils ont pour but d’assurer l’entretien de la zone frontière de l’islam. La régularité de ces raids nous démontre que la région est toujours peuplée et conserve quelques richesses. C’est à cette époque que les habitants utilisent systématiquement les « villes souterraines » dont on peut voir encore quelques exemples à Kaymakli ou à Derinkuyu. Ces cités immenses, qui comportent parfois jusqu’à dix niveaux superposés de salles et de couloirs, peuvent accueillir des populations entières pour de longs séjours. Ces villes souterraines sont caractéristiques de la défense des villes et des cités cappadociennes depuis des temps très anciens. Leur origine est très reculée et leur datation difficile, les chroniqueurs arabes et byzantins les connaissent mais sans doute remontent-elles à une plus lointaine Antiquité.

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La Renaissance byzantine



Les victoires de l’empereur Nicéphore Phocas au cours de la seconde moitié du Xe siècle rétablissent en Cappadoce la paix et la prospérité. Les villes et villages qui y refleurissent ne sont plus exactement peuplés des mêmes familles que celles qui y ont vécu dans les temps anciens, celles-ci ayant souvent purement et simplement disparu. Ces nouvelles populations venues des quatre coins de l’empire y enracinent un caractère moins local et plus byzantin, comme l’ont démontré les recherches de Nicole Thierry. Ces populations d’origine variée n’ont en commun que leur religion, l’orthodoxie et la culture grecque dont ils parlent la langue. Cependant, Grecs de culture, ils ne le sont point de race, et les décorations de l’église d’Eski Gumus près de Nigde attestent qu’une partie au moins de ces nouveaux habitants vient du Proche-Orient. C’est à cette époque que la Cappadoce se creuse de magnifiques églises rupestres aux murs couverts de fresques d’une extraordinaire qualité comme à Tokali Kilise ou à Cavusin et dont la visite à elle seule justifie le voyage en Cappadoce.

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Empereur Constantin I



En 330, l’empereur Constantin Ier choisit Byzance comme capitale et lui donne son nom, Constantinople. Résidence de la cour, la petite ville au carrefour de l’Orient et de l’Occident devient un foyer rayonnant pour les arts et la culture. Le VIe siècle est le premier âge d’or pour l’architecture sous la conduite de l’empereur Justinien, grand bâtisseur et mécène. L’architecture byzantine crée un style original en assimilant diverses influences. Coupoles et voûtes sont les maîtres mots. De l’Orient vient le goût de la couleur et des techniques de construction ( la coupole existe en Orient depuis plus de 2000 ans). De la Grèce vient l’obsession de l’équilibre et de l’harmonie. Du monde romain vient la folie des grandeurs, la volonté de faire toujours plus grand, toujours plus haut, toujours plus beau. Un seul objectif : la glorification de Dieu et de l’empereur. L’artiste ne compte pas. Le plan basilical à trois ou cinq nefs domine jusqu’au IXe siècle qui marque l’avènement du plan en croix grecque (une croix aux branches égales) qui se répandra très vite dans tout l’empire.

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07/12/2005

Sainte-Sophie de Constantinople



Construite entre 532 et 537, est le plus bel exemple de l’art byzantin. Consacrée à la Sainte-Sagesse, elle adopte à la fois des éléments de la mosquée à plan centré, avec sa magnifique coupole et des éléments du plan basilical avec ses bas-côtés et sa nef. Sa coupole de 31 m de diamètre qui culmine à 51 m restera longtemps le modèle des architectes de l’empire sans que personne parvienne à l’égaler. Une innovation technique majeure permet la construction de Sainte-Sophie : l’invention de la trompe (demi-coupole) et du pendentif (voûte triangulaire) permet de répartir harmonieusement le poids énorme de la coupole centrale. Les byzantins considéraient la coupole comme l’image de la cité céleste et dirigeaient la lumière vers elle, quitte à laisser le reste de la mosquée dans la pénombre. A l’intérieur, les murs sont entièrement couverts de placages de marbre, de mosaïques ou de fresques. L’empereur Justinien entend là construire le plus beau monument que le monde ait jamais porté. Il s’y ruine mais Sainte-Sophie reste le monument phare d’Istanbul et sa coupole, construite en briques creuses de Rhodes reste un défi aux lois de la pesanteur. A sa mort, les arts connaissent une longue éclipse due aux invasions arabes et surtout à la crise iconoclaste (voir Histoire) qui paralyse toute création dans l’empire pendant deux siècles. Du IXe au XIIe siècle, un nouvel âge d’or de l’art byzantin voit le jour et Constantinople se couvre d’églises, de monastères. L’essor artistique se brise en 1204 quand les Croisés ravagent la ville et pillent ses trésors. Cela marque le début d’une longue décadence malgré une brève Renaissance au début de la dynastie Paléologue, pendant le règne de Michel VIII (1224-1282).

 

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Eglise de Goreme



Petit village situé à 10 km de Nevsehir, connu dans le passé sous le nom de Maccan ou Avcilar. Les cavités dans les cheminées de fée s’élevant au-dessus des cours des maisons servent toujours de chambre et de dépôt. Ces cavités de rochers sont tièdes en hiver et fraîches en été, elles sont parfaitement convenables à l’habitation et à la conservation des fruits et des légumes. On trouve aussi à Göreme nombreuses églises qui datent des premiers siècle de la chrétienté, tel que Durmus Kadir, Yusuf Koc, El-Nazar, Bezirhane, Orta Mahalle, Uzun Dere, Sakli(cachée), Kiliclar, Sainte Marie, de St. Eustathios. Sans oublier le musée en plein air de Göreme qui regroupe en son sein les plus belles églises de la région de Cappadoce.

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