28/11/2005

La Cappadoce au sein de l’Empire romain




Si les Romains n’ont pas annexé immédiatement cette immense contrée, c’est qu’elle ne présente à leurs yeux qu’un intérêt mineur du fait de son extrême pauvreté. « Je ne connais rien de plus dénué, de plus démuni que ce royaume, rien de plus pauvre que son roi. » (Strabon, XII)Nous connaissons bien la situation de la Cappadoce à cette époque grâce à l’œuvre de Strabon, cappadocien lui-même, qui rédige un important traité de géographie dans les premières années de l’ère chrétienne. C’est lui qui nous informe de la situation économique qui est celle du pays juste avant son intégration dans l’empire : « Mazaka est situé sur un sol peu convenable pour l’emplacement d’une ville, elle manque d’eau et n’a pas été fortifiée par des murs. Le terrain alentour est stérile et peu propre à être cultivé. Cela fait que les habitants sont obligés d’amener de fort loin ce qui est nécessaire à leur subsistance… » Strabon nous apprend également quelles sont les ressources du pays. « C’est de la Cappadoce que vient ce que l’on appelle le vermillon de Sinope qui est le meilleur de tous et que l’on nomme de Sinope parce que l’usage était de l’expédier par cette ville avant que le commerce des Éphésiens se fût étendu jusqu’à la Cappadoce même… On dit que les gens employés par Archélaus au travail des mines y trouvaient aussi des couches de cristal et de l’onyx… » Où l’on voit que l’artisanat cappadocien contemporain a des racines anciennes ! L’empereur Tibère, après avoir transformé la Cappadoce en province, donne à sa capitale, l’ancienne Mazaca, le surnom de Césarée. C’est aujourd’hui la ville de Kayseri. La Cappadoce, devenue romaine, voit sa situation se détériorer. Les paysans qui travaillent sur les terres royales sont réduits en esclavage et les domaines vendus. Le régime sacerdotal se trouve également ébranlé par la nouvelle administration qui ne reconnaît plus le droit d’asile et la puissance du clergé. Le sort des Cappadociens en devient plus misérable qu’avant. Pourtant, sous cette férule d’acier, une véritable politique de mise en valeur du pays est entreprise, dont les résultats sont attestés trois siècles plus tard dans les écrits de saint Grégoire ou de saint Basile.

03:02 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

J'adore Magnifique idée de faire un blog sur les églises de Capadoce.
J'en ai visité quelques une lors de ma traversée de la Turquie..
La Turquie est certainement un des plus beaux pays d'Europe de part sa diversité des paysages et sa richesse historique et architecturale.

Écrit par : Malika | 16/01/2006

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